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Cuba
Mercredi 28 février 2018 - La Havane
Vol Santiago du Chili vers Panama city, gros hub aérien de l’Amérique centrale.
Vol Panama city vers la Havane. Arrivée à la chambre vers midi. Déjeuner léger d’un ananas. Et repos.
Diner rencontre avec Everth, guide touristique recommandé par Yuné, une amie de Jean-Pierre Lehman. Préparation du programme de nos journées cubaines. Nous décidons de louer ses services pour nos trois journées à La Havane.
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Jeudi 1er mars 2018, La Havane
Programme du jour : visite de la vieille Havane.
Everth vient nous chercher à notre Airbnb. Nous sommes installés à trente minutes à pied de la vieille Havane. Sur le chemin, Everth nous parle longuement de la situation de La Havane, et plus largement de Cuba. Ce blocus qui depuis plus de 50 ans les obligent à vivre sur eux-même. Survivre plutôt.​
Pour les Cubains, le coût de la vie est très bas. Pour les étrangers, c’est différent. Il existe un système monétaire à deux vitesses, le Peso cubain (CUP) pour les locaux, et le Peso convertible (CUC) aligné sur le dollar pour les autres. 1 CUC égal 1 dollar égal 24 CUP.
Dans les commerces à vocation touristique, les prix sont affichés en CUC. Quand nous allons acheté trois tomates pour la salade du soir au marchand de fruits et légumes dans la rue, il nous parle en CUP. On s'amuse bien. Les fruits et légumes sont savoureux.
Les agents de l’état, c’est à dire la majorité des travailleurs, touchent un salaire qui leur permet tout juste de vivre, environ 30 à 40 euros par mois. Tous essaient de trouver une petite activité de complément pour leur apporter quelques pesos supplémentaires. Depuis 1994, l'état cubain a permis l'exploitation de petits commerces privés.
Ceux qui s'en sortent bien sont ceux qui travaillent pour les touristes : guide, taxi, hébergeurs. Ils se font payer en CUC, et plutôt bien. Ceux qui possèdent une voiture ou une grande maison par héritage sont les rois du pétrole.
Les voitures américaines, Chevrolet, Dodge, des années cinquante sont légion ici. Elles sont entretenues avec les moyens du bord, mais bichonnées, colorées, pimpantes pour séduire les touristes qui font un tour de ville à leur bord. ​
Les cubains font la queue en permanence. Nous avons eu l’occasion de nous rendre compte quand nous avons voulu acheter une carte pour obtenir quelques heures de wifi. Et c’est comme cela pour tout. Malgré toutes ces petites tracasseries, la bonne humeur semble reine.
Le système a par contre deux gros avantages : l'éducation et la santé gratuites pour tous.
Les relations avec les Etats-Unis s'étaient améliorées avec Barack Obama. Le processus s'est effondré avec l'arrivée de Donald. (Les méfaits de Disney !)
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Revenons à la vieille ville. Elle est magnifique. Cinq siècles d'histoire coloniale. Cuba a été libéré du joug des Espagnols par le héros national José Marti en 1895. Fidel Castro fera la même chose en 1959 en renversant le régime de Batista. De partout, des bâtiments qui méritent notre attention. Certes, ils sont pour la plupart en mauvais état par manque de moyens pour les entretenir.
La ville est très sûre. La police est visible. Pas de pickpockets. Les touristes, principales ressources extérieures du pays, sont protégés. Notre circuit est très classique : la place de la fraternité, le parc central, le Capitole, l’immeuble Bacardi, la rue Obispo avec ses bars célèbres le Floraldita pour ses Daïquiris, la Bodeguita del Medio pour ses Mojitos,et l’hôtel Ambos Mundos, trois lieux qu’affectionnait particulièrement Ernest Hemingway, la Giraldilla, la Plaza San Cristobal, et retour à la casa.
Dans la vieille Havane, la musique est très présente. Les orchestres animent les terrasses des restaurants et cafés. On se croirait à la Fête de la musique. Sauf qu’ici, c’est tous les jours.

Parmi les trois, je n'ai pas hésité
une seconde !

les belles vieilles maisons de
la Havane


Parmi les trois, je n'ai pas hésité
une seconde !
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Vendredi 2 mars 2018, La Havane
Cap sur la place de la Révolution et ses héros. C’est une énorme place qui peut accueillir des centaines de milliers de personnes. C’est là que chaque année, l’ami Fidel haranguait la foule de ses discours fleuves. La place est entourée des bâtiments importants de l’état : ministère des armées, ministère de l’intérieur, ministère des communications, le Palais de la révolution, théâtre national.
En son centre, une tour de 135 mètres de haut à la mémoire de José Marti, le héros de la guerre d’indépendance de 1895 contre les espagnols. José Marti, voilà bien le héros de la Nation cubaine. Journaliste, écrivain, poète, il s’est exilé au Etats-Unis pour réunir les moyens nécessaire à une guerre d’indépendance, et il a payé de sa vie sa participation au combat. Le peuple cubain lui voue une reconnaissance éternelle. Dans le hit-parade du coeur des Cubains, viennent ensuite Ernesto, le Che, et enfin Fidel qui a tenu la boutique pendant cinquante ans.
Nous marchons ensuite jusqu’au cimetière Christophe Colomb. Un énorme poumon dans la ville : 5 000 ha, 10 000 tombes, du marbre, des statues à profusion. C. Colomb, dans son testament, avait demandé à être enterré à la Havane. Ce cimetière a été créé à son intention. Plus tard, les Espagnols récupéreront ses restes.
Puis, c’est le quartier Vedado qui nous accueille avec ses belles maisons coloniales, l’hôtel national qui hébergeait les mafieux américains dans les années cinquante. Nous traversons le triangle d’or, avec le cinéma Jara, l’hôtel Havana libre et le célèbre glacier Copélia. La file d’attente était impressionnante.
Déjeuner au restaurant El Biky, puis passage par la Callejon Hammel, lieu d’art alternatif du quartier. Et retour à la casa.

Ministère de l'Intérieur
avec le visage du Che

La tour de l'Indépendance, monument
mémoire érigé en 1953. Elle abrite le musée José Marti, le héros


Ministère de l'Intérieur
avec le visage du Che
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Samedi 3 mars 2018, La Havane
Un jour sans fin, voilà l’impression de nos journées à la Havane. On se lève, on prend un excellent petit déjeuner : jus et fruits frais, oeufs brouillés (mais pas nous), café con leche, toast, beurre et confiture maison. On sort dans la rue. Il fait beau. La température est agréable. Les Cubains sont là. Ils nous attendent. Les voitures pétaradent. La musique de la ville résonne. Chaque matin, c’est pareil.
Nous mettons le cap sur Jaimanitas et Fusterlandia, une oasis artistique créée par le plasticien cubain José Fuster. Inspiré par Gaudi et Picasso, il a créé un lieu de vie délirant et coloré tout en mosaïque. Une belle découverte que David Dereani nous a soufflé à l’oreille. Merci l’ami.
Retour à la vieille Havane pour un déjeuner romantique à l’hôtel Florida. Le lieu est magique et nous sommes les seuls clients. Comble de bonheur, un trio de musiciens, nommé El trio, pousse la chansonnette avec beaucoup de talent - voir les vidéos.
Nous prenons ensuite le ferry pour nous rendre à Casablanca, de l’autre côté du port de la Havane. Les espagnols ont créé là un ensemble fortifié, los Tres reyes del Morro’s, pour prévenir les attaques de la ville par les corsaires. Ils avaient installé une énorme chaîne pour empêcher les bateaux d’accéder à la baie.
Sur cette péninsule, un mémorial de la crise de missiles d’octobre 1962 a été installé. Nous replongeons dans l’histoire de cette période tendue entre les deux blocs Est et Ouest dont Cuba a failli être la victime.
Retour à la casa vers 18h à travers les quartiers populaires de la ville, tout en admirant les belles bâtisses délabrées. A cette heure, les Cubains sont dans la rue. La musique est omniprésente.

Bienvenue au Fusterlandia
Un mélange de Palais idéal du facteur cheval, inspiré de Gaudi et Picasso. L'oeuvre de l'artiste cubain José Fuster


Jour de lessive

Bienvenue au Fusterlandia
Un mélange de Palais idéal du facteur cheval, inspiré de Gaudi et Picasso. L'oeuvre de l'artiste cubain José Fuster
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Dimanche 4 mars 2018, Viñales
Changement de campement aujourd’hui. Nous quittons la Havane pour la province. Cap à l’Ouest sur Vinales et ses mogotes. Le site a été classé patrimoine de l’humanité en 1999. La Vallée de Viñales est située dans la province de Pinar del Río.
Elle présente un bel exemple de relief karstique, sous la forme de mogotes, buttes montagneuses de calcaire émergeant de la plaine. Datant de l'époque des dinosaures, elles sont désormais recouvertes d'une épaisse végétation.
La vallée englobe le parc national de Viñales.
Quel changement après l’agitation de la ville, Viñales est un village. Nous en avons vite fait le tour à pied. Dans l’après-midi, nous allons visiter la plantation de tabac de Juan Millo. Dans la famille, ils sont planteurs depuis plusieurs générations. Les hommes récoltes les feuilles. Les femmes les piquent en paquet qu’elles mettent à sécher sur les barres de bois, les cuje. Quatre mois de séchage sont nécessaire avant que L’état cubain ne leur achète toute la récolte. Juan nous explique la fabrication des cigares roulés à la main. La nervure centrale de la feuille, qui contient 85% de la nicotine, est enlevée.
En fin d’après-midi, une belle lumière éclaire le village. c’est le “mojito time” !.

Plants de tabac

Vinales, l'église

Transport collectif

Plants de tabac
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Mo & Ma

Les Clopins clopants
Mo & Ma
Lundi 5 mars 2018, Viñales
Une grande journée nature qui a commencé au lever du soleil. La lune n'était pas encore couchée. 7 heures du matin, départ à pied pour la grotte de l'indien à 8 km environ. Le village s'active. Les enfants attendent le transport pour l'école. Tout ce qui peut rouler est mobilisé : camions, carrioles avec cheval, scooters électriques, vélos. Nous empruntons la route qui mène à la grotte. Le trafic réduit rend la chose possible. A certains moments, nous sommes seuls sur le chemin. Les oiseaux nous offrent leur symphonie. Le soleil se lève lui aussi. Une belle lumière rasante éclaire le paysage. Arrivée sur le site vers 9h30, nous avons fait beaucoup d'arrêt photos ou observations.
Creusée par l'eau voilà des millions d'années, la grotte présente la particularité d'abriter une petite rivière navigable. Rien de très spectaculaire, mais agréable.
Retour au village en empruntant des sentiers de traverse. En chemin, nous rencontrons Léna, une cubaine dont la famille gère une ferme qui produit café, miel et une liqueur à base de goyaves. Elle nous explique les processus de production. Les plants de café, de type Criollos, sont plantés à l'ombre de fruitiers comme avocatiers, goyaviers, car ils ne supportent pas le soleil direct. Elle nous offre un drôle de fruit, l'estropajo, qui devient une éponge grattoir sous la douche. Ils plantent également des malangas, de la famille des pommes de terre. Nous déjeunons cuisine locale sur place.
Retour à la casa par les sentiers qui longent les mogotes. Au village, nous assistons à la première phase de la fabrication des cigares, le cœur - voir vidéo - Ils sont ensuite placés sous presse pendant trente minutes. Il nous faudra revenir pour voir la pose de la feuille extérieure, celle qui donne ce bel aspect lisse. Nous sommes au paradis des fumeurs.

En route vers l'école ou le travail

La lune encore debout à 7h

Harmonie des couleurs

En route vers l'école ou le travail
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Mardi 6 mars 2018, Viñales
Lever 5h pour voir le lever de soleil sur la vallée. Clopins du matin trottent comme des lapins. La pleine lune éclaire le chemin, même pas besoin de frontale. Les coqs animent notre traversée du village endormi. Destination le mirador de l’hôtel Los Jasmines à quatre kilomètres. Arrivée sur place vers 6h. Nous sommes en avance. Nous patientons sur la terrasse. Nous sommes seuls avec le veilleur de nuit.
Vers 7 heures, le voilà. Les mogotes prennent une autre dimension avec cet éclairage rasant.
Retour à la casa vers 8h30 pour le petit déjeuner.
Le membre masculin de l’équipe ayant un coup de mou, ce matin, ce sera repos pour tous. La balade à la peinture murale de la préhistoire est reportée à l’après-midi.
Mais l'après-midi se passe en mode "parallèle au plafond". Ce sera pour demain.
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Mercredi 7 mars 2018
Journée de balade dans la campagne environnant Viñales. Le matin, direction la peinture murale de la préhistoire.
L’après-midi, cap sur la vallée du silence. Un coin de campagne tranquille avec un petit lac, à travers plantations de tabac et de canne à sucre. Nous croisons énormément de français de tous les ages. Cuba est une destination tendance.
Demain matin, nous prenons le bus pour Cienfuegos.

Lever de soleil

l'hôtel Los Jasmines

Cueillette

Lever de soleil
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Jeudi 8 mars 2018, Cienfuegos
Journée de transfert entre Viñales et Cienfuegos.
Cienfuegos est une ville portuaire, capitale de la province du même nom. Elle est située au fond d'une des plus belles baies de la mer des Caraïbes, à 228 km au sud-est de La Havane. Le centre historique est bien préservé et son atmosphère maritime lui apporte un caractère unique. Elle gagna tôt – dès l'époque coloniale – son titre de « Perle du Sud ».
Classé patrimoine mondial de l'humanité en 2005. Fondée au début du XVIIIe siècle, sous la domination espagnole, et peuplée en premier lieu par des Français, cette ancienne ville marchande doit ce choix à son architecture coloniale du XIX siècle. Cienfuegos est le premier et l'un des plus remarquables exemples d'ensemble architectural traduisant les nouvelles notions de modernité, d'hygiène et d'ordre en matière d'urbanisme tel qu'il s'est développé en Amérique latine à partir du XIX siècle

Cienfuegos, la cathédrale

7h du matin, l'instant plaisir du
Cubain, le cigare power

Fête du livre, lire c'est grandir
l'éducation est prioritaire à Cuba

Cienfuegos, la cathédrale
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Vendredi 9 mars 2018, Cienfuegos
Journée relax en bord de baie. Le rythme s'alanguit, se cubanise. Balade à pied le long du Malecon de Cienfuegos jusqu'à la Punta Gorda. Sur le chemin, de belles bâtisses coloniales, témoignages de l'opulence de la ville par le passé.
Nous déjeunons au Palacio del Valle, un ancien palais du XXe siècle, de style mauresque, roman, gothique et vénitien.

Mouette équilibriste

Cormoran

Palacio Baron y Balbin

Mouette équilibriste
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Samedi 10 mars 2018, Santa Clara, le mémorial du Che
Une journée consacrée à la mémoire de Ernesto Guevara, le Che. Nous prenons le bus pour un aller retour à Santa Clara, à soixante kilomètres de Cienfuegos. Le 29 décembre 1958, il a mené ici une bataille décisive pour le succès de la révolution cubaine. Il est l'artisan de la prise de la ville. Il a organisé le déraillement d'un train de renfort, envoyé par Batista. Les soldats réguliers ont finis par fraterniser avec les rebelles sans vraiment combattre. Quelques heures après avoir appris cette nouvelle, Batista quittait la Havane pour se réfugier à l'étranger.
Un mausolée a été édifié à sa mémoire et à celle de ses compagnons de combat. Il abrite un musée où l'on découvre tout de la vie du Commandante. Respect pour ce héros.
Pause déjeuner et glace chez Coppélia. Dans la file d'attente, nous fraternisons avec Carlos, un ingénieur civil cubain (salaire 25 euros par mois). Il nous emmène ensuite sur le site "el tren blindado", musée consacré à cet épisode de la prise de la ville.
Demain, nous quittons Cienfuegos pour Trinidad.

Memorial du Che, Santa Clara
Hasta la victoria siempre

Bas relief

Pour la collection de Fleur

Memorial du Che, Santa Clara
Hasta la victoria siempre
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Dimanche 11 mars 2018, Trinidad
Une journée de transfert entre Cienfuegos et Trinidad. Assez courte, les deux villes sont distantes de 82 kilomètres.
Installation dans la casa, et repos. La chaleur nous accable. Nous sentons le besoin de nous reposer plus fréquemment. Sortie en ville pour quelques courses et pour goûter Mojito et Pinacolada du coin. Ben oui, il faut bien comparer !
Trinidad, c'est the spot touristique de l'île. Beaucoup de voyageurs stoppent ici leur descente dans le Sud de l'île, pour remonter ensuite vers les plages de Varadero. De notre côté, nous pousserons jusqu'à Santiago de Cuba.
Le centre ancien est classé patrimoine mondial. Il a beaucoup de charme, ruelles pavées, maisons basses, couleurs des façades. Nous le découvrons à la nuit tombée, sous la lumière des réverbères
Lundi 12 mars 2018, Trinidad
Grasse matinée chez les Clopins. Lever à 9 heures. Il y a longtemps que cela ne nous était pas arrivé. Balade dans le centre. Visite du Palacio Cantero (1830), la maison d'un riche planteur sucrier, transformée en musée. Trinidad était un secteur de production sucrière de première importance.
L'après-midi sera consacrée à la finalisation du programme des trois jours suivants, ainsi qu'à des tentatives de connexion Internet.
Dîner à la casa, préparé par la maîtresse de maison Melba. Une femme très active. On peut dire qu'elle a la pêche, Melba ! Tandis que Pedro, son mari, goûte le rhum (ben oui, faut bien comparer) et tape sur des tambours.
Une excellente soupe à base de haricots rouges, parfumés de cumin, la Frijoles. Un poisson frais cuisiné au beurre et à l'ail, accompagné de riz, bien sûr, et salade de tomates et concombres. On a pas pu tout finir !
Après le dîner; Pedro a sorti ses tambours et Jojo est sorti de son étui.
